sábado, 17 de noviembre de 2007
Imágenes, escritos y lengua de los Moriscos en el siglo XVI


Etudes réunies et préfacées par Prof. Emérite Abdeljelil TEMIMI
304 p / ISBN 978-9973-32-077-3 /Série 4 :
Etudes d'Histoire morisque : N° 26
Publications de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information
Tunis, Mai 2007

Fuente: Fundación Temimi



Alocución del Prof. Luce Lopez Baralt

En esta etapa de globalización resulta cada vez más necesario el diálogo intercultural y el respeto a las diferencias étnicas, religiosas, lingüísticas y nacionales. Decía Georges Santayana que el que no conoce la historia está destinado a repetirla. La experiencia morisca nos habla de un choque de culturas nacido de la pérdida del diálogo y de la convivencia en la España renacentista, que terminó con confrontaciones bélicas y con amargos exilios. Y, con todo, también nos otorgó grandes lecciones humanas: la acogida generosa en tierras islámicas de las población morisca, la nostalgia por la patria de origen perdida, y la creatividad que surge siempre de los conflictos históricos: adaptaciones híbridas del alifato y de la lengua castellana, diálogos literarios donde coexisten Algacel y Ahmad Zarruq junto a Garcilaso y Lope de Vega.

Si bien los moriscos afectaron hondamente los países que los recibieron, desde Túnez a Argel hasta Asia y América (morisco fue, hoy lo sabemos, el primer alcalde y médico de Puerto Rico) España también los siguió recordando siempre, como consta por la huella obvia que dejaron en la obra de Cervantes, Calderón y Lope.

En este encuentro internacional de estudios moriscos se han unido marroquíes, islandeses, tunecinos y puertorriqueños para explorar, entre otros temas, la lengua híbrida de los códices aljamiados, los hadices y temas religiosos insertos en ellos, y aun la noticia de que un morisco refugiado en Túnez se dio a la aventura de escribir una novela a la italiana llena de sonetos y romances. También se exploró la hipótesis en torno a la posibilidad de que la piratería bereber hubiese llegado tan lejos como Islandia. Aunque esta última teoría pueda sonar exagerada, nos remite históricamente a una propuesta, que sí tenemos bien documentada, por parte de autoridades cristianas hacia los moriscos: el Obispo Salvatierra propuso formalmente el proyecto de exilar a los moriscos en la lejana Terranova, no sin antes castrarlos, para que su nación se exterminara gradualmente.

También en el presente congreso exploramos juntos las fuentes literarias islámicas y las fuentes literarias españolas de algunos textos moriscos del exilio como el ms. S-2 de la Biblioteca de la Real Academia de la Historia ; la curiosa hibridez cultural del Mancebo de Arévalo, que cita a musulmanes y cristianos y que ahora venimos a saber que también tuvo conocimientos notables de la religión judía. Se presentó en el congreso, de otra parte, la propuesta innovadora de comenzar a organizar la traducción sistemática al árabe de los manuscritos aljamiados, y se discutió ampliamente la dificultad y el reto que todo ello implica a nivel tecnológico. Hemos abierto pues nuevas avenidas de investigación para el futuro de los estudios aljamiado-moriscos, que cada vez interesan más en Oriente y en Occidente.

Queremos expresar nuestra gratitud más sincera al Dr. Abdeljelil Temimi por la organización del presente encuentro científico, uno de tantos que hemos celebrado sobre los aspectos más diversos de la historia morisca a lo largo de los últimos veinte años. Siempre han estado investidos del espíritu de tolerancia, respeto, diálogo y apertura humana que lo caracteriza como estudioso. Sé que al darle las gracias por sus esfuerzos investigativos hablo a nombre de todos los colegas presentes—tunecinos, marroquíes, islandeses, puertorriqueño, y aun a nombre de la memoria de aquellos que siempre nos unen, los moriscos suyos avatares históricos todavía estamos en proceso de comprender y de repensar. Hace cinco siglos que en estas tierras Uthman Dey y Abu-l-Gayth al-Qashash recibieron a los moriscos exilados y los protegieron en su proceso de adaptación al país. Venían como refugiados desposeídos, pero con sus conocimientos técnicos y su savoir faire contribuyeron notablemente a la industria de su nuevo país. En ese mismo espíritu de acogida, y en esta misma tierra tunecina, Abdeljelil Temimi sigue protegiendo la memoria colectiva de aquellos refugiados antiguos para que podamos seguir dialogando sobre ellos y aprendiendo de sus experiencias históricas multiculturales.

Ojalá su espíritu generoso, que nos tiende puentes tan importantes, puedan ser emulados en nuestro mundo globalizado que tanto tiene que aprender del respeto a las diferencias religiosas, étnicas y culturales. Por todo ello, va nuestro reconocimiento al Dr. Abdeljelil Temimi, en la esperanza siempre renovada de que podamos seguir asistiendo a nuevos encuentros científicos sobre el campo de la moriscología en estas tierras tan generosas.

Luce LÓPEZ-BARALT, Ph D

Universidad de Puerto Rico




LES ETUDES MORISQUES ET LE MANQUE D’INTERET DU MONDE ARABO-MUSULMAN POUR CE DOSSIER

Prof. Abdeljelil TEMIMI


Je me suis intéressé depuis longtemps aux études morisques, à la lumière de documents ottomans et arabes que j’ai découverts et mis en valeur dans mes travaux, et j’ai été encouragé par de nombreux moriscologues euro-américains à traiter de nouvelles problématiques de ce dossier à la lumière de ces nouvelles sources d’information.

Pour contribuer au développement de cette discipline, nous avons encouragé la nouvelle génération de chercheurs à s’y intéresser ; cependant les chercheurs machréquins o­nt négligé ces études et rares sont ceux qui se sont spécialisés dans les études morisques, alors que les chercheurs européens et américains sont très nombreux ; c’est un paradoxe troublant ; le monde arabe et musulman a négligé l’histoire des morisco-andalous.

Dans ce contexte, nous continuons de prêter intérêt aux études morisques, et publions les actes du 12e congrès d’études morisques, organisé par notre Fondation au mois de mai 2005, avec la participation d’éminents chercheurs de renommée internationale, en sus de jeunes chercheurs de Puerto Rico, de Tunisie, du Maroc, d’Algérie et d’Islande.

Nous restons ainsi fidèles au partenariat de recherche avec les chercheurs et historiens maghrébins et internationaux, et surtout Espagnols et Français, dont la présence est, malheureusement, de plus en plus rare dans ces congrès spécialisés.

La publication des actes de nos 12 congrès et les mélanges consacrés à quelques spécialistes internationaux de renommée mondiale tels le français Louis Cardaillac, l’espagnole Maria Soledad Urgoiti, la portoricaine Luce Lopéz Baralt et l’école espagnole d’Oviedo, en la personne d’Alvaro Galmès de Fuentes, sont la parfaite illustration de notre ouverture aux autres chercheurs.

Le dossier des études morisques nécessite encore la contribution de tous les chercheurs pour créer des laboratoires de recherche, organiser des rencontres et publier des textes aljamiado, puisés dans les bibliothèques du monde et surtout pour utiliser le fonds documentaire des archives de l’Inquisition dont des millions de documents pourraient jeter des lumières sur la tragédie des Morisques, lesquels o­nt été victimes des épurations qui o­nt visé les fondements de leur existence matérielle et civilisationnelle.

Depuis Janvier 1992, nous avons sollicité de la plus haute autorité politique d’Espagne à savoir sa Majesté le Roi Juan Carlos, de faire acte noble en présentant des excuses face à la tragédie des Morisques ! Mais rien n’a été fait à cet

égard nous espérons que le Premier ministre espagnol M. Zapatero qui a lancé avec le Premier ministre turc Recep Tayeb Erdogan un appel pour la signature d’un traité de paix et de tolérance entre Musulmans et Chrétiens, puisse de son côté admettre de concevoir un document d’excuse sur la tragédie dont les Morisques furent victimes. Nous continuerons à réclamer tant que cette affaire restera négligée par les organisations arabes et islamiques comme l’Alecso et l’Isisco qui ont totalement occulté ce dossier.

Les actes de ce 12e congrès d’études morisques, couvrent nombre de thèmes parmi lesquels l’oeuvre d’un morisquede Tunis, significations des symboles des manuscrits morisques, influences des Morisques sur la gastronomie portugaise, la dimension spatio-temporelle relative au Morisque El Mancebo de Arévalo, les prières des Morisques, leurs activités militaires et leur faible participation dans la course maritime, l’image des infidèles, l’utilisation des termes spécifiques concernant les mineurs, étude l’inguistique d’un manuscrit, la langue arabe utilisée par les derniers Morisques, nouvelles informations sur l’attitude de l’Empire ottoman face à l’installation des Morisques au Maghreb et à ses retombées; également o­n trouve une étude sur les hadiths traduit dans un manuscrit morique. Au total, ces actes réunissent o­nze études en espagnol, quatre en français et une étude en portugais ; quant à la langue arabe, outre notre étude, nous publions deux autres textes traduits du français, dont les thèmes portent sur le prix de la foi et la pharmacopée ; nous croyons que les autres études publiées dans cet ouvrage nécessitent elles aussi d’être traduites en arabe, eu égard à leur importance, mais également aux problématiques soulevées pour la première fois. Depuis un quart de siècle, nous ne cessons d’appeler à la traduction en arabe de centaines d’études morisques écrites et publiées initialement en espagnol, français et anglais ; mais notre appel reste toujours sans grand écho ; l’intérêt pour l’Andalousie est verbal, sans foi, ni stratégie d’action de recherche scientifique de la part du monde arabo-musulman.

Nous appelons de nouveau à la création d’un centre spécialisé qui s’occupe de la traduction en arabe d’études spécialisées, de recencer les thèses de moriscologie pour les traduire en arabe, car si nous respectons l’histoire et la civilisation andalouses, nous devons agir ainsi.

* * *

Nous présentons cette nouvelle publication à tous les lecteurs et chercheurs spécialisés dans le monde; tout en remerciant tous ceux qui nous o­nt fait confiance, en prenant part à nos congrès, en nous remettant leur texte pour publication dans ces actes. La science et le savoir sont un acquis, et ne sont l’apanage d’aucune personnalité, université ou centre de recherche.

Je tiens à remercier le Dr. Ridha Mami et Mlle Dhouha Abid qui o­nt effectué la correction des textes espagnols.

Tunis, le 10/04/2007 Prof. Abdeljelil TEMIMI





TABLE DES MATIERES

1- Partie espagnole, française, et portugaise

- Prof. Abdeljelil Temimi.
- Nouvelle réalisation d’études morisques et manque d’intérêt du Monde Arabeet Musulman à ce dossier ……7

- Allocution du Prof. Abdeljelil Temimi …… 11

- Alocución del Prof. Luce Lopez Baralt …. 15

- Allocution du Prof. Mohamed Nejib ben Jemia (en français). 17

- Allocution du Prof. Mohamed Nejib ben Jemia (en espagnol. 19-21

- Abi-Ayad, Ahmed.
- La dimension spatio-temporelle dans el Gallardo Español de M. de Cervantes

- Abid, Dhouha.
- El contenido de una obra morisca: Los poemas de Mohamad Rabadán ..... 31-41

- Aouini, Mohamed.
- La imagen de los infideles en el manuscrito de Iça Ibn Jābīr y las obras originales de la ley islámica.

- García Alvarez, Luz R..
- El Mancebo de Arévalo y sus estrategias doctrinales . 49-57

- Landa, Robert G..
- L’activité maritime et militaire des Maures Andalous et des Morisques au Maghreb…69

- López-Baralt, Luce.
- La novela ejemplar de un morisco refugiado en Túnez:
El arrepentimiento del desdichado.

- Mami, Ridha.
- La simbología en una obra de un morisco de Túnez 89-103

- Marti Caloca, Ivette.
- Nuevos acercamientos al uso cervantino de los hallazgos de la torre Turpiana y el Sacro Monte de Granada ....117

- Mendes Drumond Braga, Isabel M. R.
- Influências Mouriscas na Gastronomia Portuguesa ……127

- Narváez Córdova, María Teresa.
- Enfrentarse a una escritura sin fronteras : el caso del Mancebo de Arévalo. 135

- Polo Alvarado, Lorna.
- El tema morisco en El Tuzaní de la Alpujarra de Pedro Calderón de la Barca …143

- Shabou, Inés.
- Un fragmento del libro de Al-Tafrīc de Ibn Ğallab, frente a dos traducciones aljamiadas..155

- Temimi, Abdeljelil.
- Langue des derniers morisques et leur installation au Maghreb à la lumière denouveaux textes et firmans ottomans

- Troudi, Khaled.
- El Alhadiz en la tradición musulmana y en los manuscritos moriscos . 171-179

- Turki, Mohamed.
- La singular utilización de los temas aparentemente « Menores » : en la literaturaaljamiado morisca.

- Jónsson, Már.
- La faible participation des Morisques expulsés dans la course Barbaresque. 195


- Rapport final.. 207

- Rapport final (en espagnol). 211

- Index des noms de personnes et collectivités. 215

- Index des lieux géographiques. 219

- Publications de la Fondation sur les études Morisque. 223

1- Partie arabe

- Prof. Abdeljelil Temimi.
- Nouvelle réalisation d’études morisques et manque d’intérêt du Monde Arabe et Musulman à ce dossier....7

- Allocution du Prof. Abdeljelil Temimi. 11

- Alocución del Prof. Luce Lopez Baralt 15

- Allocution du Prof. Mohamed Nejib ben Jemia ………….………… 17

Etudes :

- Temimi, Abdeljelil.
- Langue des derniers morisques et leur installation au Maghreb à la lumière de nouveaux textes et firmans ottomans....19-37

-Fournel, Jacqueline.
- La pharmacopée morisque et la médecine dans la communauté morisque aragonaise (1540-1620) (Trad. Prof. Abdeljelil Temimi...53

- Carrasco, Rafael.
- Le prix de sa foi : l’inquisition de Valence et les biens des Morisques (1566-1609)

(Trad. Prof. Abdeljelil Temimi)

- Rapport final.. 69

- Index des noms de personnes et collectivités. 73

- Index des lieux géographiques… 75

- Publications de la Fondation sur les études Morisques. 77

Tags: Diáspora andalusí, Moriscos